1 - Introduction
Comme je l’ai précédemment évoqué, il existe un fossé énorme entre le hockey européen et américain. Ainsi, sur le continent américain, les enjeux des matchs y sont très importants, ce qui peut expliquer une très forte implication dans le match et donc une certaine violence.
2 - Le phénomène
De nos jours, le nombre d’actes de violence observés dans les patinoires lors de parties de hockey semble augmenter sans cesse. Le manque flagrant de respect pour les joueurs de l’équipe adverse ainsi que la violation des règles établies sont aujourd’hui une pratique courante. Une théorie permet d’expliquer ce phénomène : elle s’intéresse à la violence non pas comme un phénomène instinctif, mais plutôt comme un comportement enseigné et communiqué par divers acteurs de la société. La théorie dont il est question est la suivante : les comportements verbaux de l’entraîneur lors d’un match de hockey mineur ont un impact direct sur le niveau de violence perpétré par les membres de son équipe.
Dans un rapport sur la violence au hockey amateur, McMurtry dit: "If one person in the entire hockey environment were to be singled out as the key person [to encourage violence in hockey,] it would have to be the coach ". Ainsi, il semble évident que l’entraîneur d’une jeune équipe de hockey soit en mesure d’influencer grandement ses joueurs. L’entraîneur peut influencer l’attitude de ses joueurs vis-à-vis de l’autorité. Pour plusieurs jeunes hockeyeurs et hockeyeuses, leur entraîneur de hockey a beaucoup plus d’influence sur leur développement personnel et leur sens des valeurs que la plupart de leurs enseignants. En fait, pour un jeune, l’entraîneur apparaît souvent comme un "dieu" : il est celui qui décide si les efforts de ses joueurs sont satisfaisants et si l’arbitre fait bien son travail. Selon un sondage, il semblerait que les jeunes soient influencés par leur entraîneur dans une proportion de 96 %. S’il réussit à influencer ses joueurs dans une telle proportion, inutile de dire que l’entraîneur a aussi la capacité, par ses propos très agressifs ou ses remarques positives, de déterminer le niveau de violence perpétré par ses jeunes joueurs. Ainsi, lorsque l’entraîneur s’adresse à un joueur, ses propos ne tombent habituellement pas dans l’oreille d’un sourd…
Une expérience très révélatrice permet de mieux comprendre ce principe. En plaçant des souris dans une cage trop petite où la nourriture manquait, des chercheurs ont pu remarquer que les bêtes, en aucun moment, n’ont démontré un comportement agressif envers les autres souris. Plus tard, on a enseigné aux mêmes souris à se battre. Lorsqu’elles furent enfermées à nouveau dans la petite cage, elles utilisèrent les techniques de combat acquises lors de l’entraînement pour dominer les autres souris lorsque la nourriture venait à manquer. Ainsi, tout porte à croire que la violence s’apprend et se développe dans un milieu où l’on encourage la violence.
Certaines expressions haineuses et agressives telles "Tue-le… descends-le… fais le saigner…frappe-le…" sont malheureusement trop souvent utilisées par les coatch. Bien peu de joueurs, en entendant ces quelques mots, sauront résister au "plaisir" de darder un adversaire planté près du filet ou de plaquer solidement contre la bande un joueur qui n’a même pas possession de la rondelle. Pour ne pas décevoir l’entraîneur, certains joueurs décideront de suivre les conseils de celui-ci, car c’est l’entraîneur qui décide de qui joue et de qui ne joue pas.